Covid-19 : les Parisiens fatigués du port du masque obligatoire dans les transports en commun

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le 09/05/2022 à 18:50, mis à jour le 12/05/2022 à 13:49

RAPPORT – Alors que le port du masque reste obligatoire dans les transports en commun, la majorité des Parisiens manifestent une certaine lassitude due au ralentissement de l’épidémie.

Il est 2h30 du soir sur la ligne 9 du métro parisien, à la station Strasbourg Saint-Denis. Le métro est bondé. La foule est immobile et unanimement masquée. Alors que la plupart des restrictions sanitaires ont été levées à la mi-mars, le port du masque dans les transports en commun reste en vigueur. Un homme arrive, le visage en l’air, suivi d’un autre, également découvert. Les deux rebelles ne sont pas farouches, regard insistant et menton relevé. Quand soudain une vieille dame demande au premier de remettre son masque, il se défend en disant qu’il n’est pas malade.

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Plus rare mais bien réel, le refus d’obéir aux règles sanitaires dans les transports en commun traduit ce sentiment de fatigue d’une majorité de Français, deux ans après l’entrée en vigueur du masque obligatoire. Le Covid-19 semble désormais loin derrière nous et pour cause, « le ralentissement de l’épidémie de SRAS-CoV-2 se confirme sur l’ensemble du territoire, avec une baisse des taux d’incidence (-39%) et de positivité (-5 points) » . , résume l’agence française de santé publique dans son point hebdomadaire publié en fin de semaine dernière. Une baisse importante du nombre de cas qui « donnera lieu à des adaptations dans les prochaines semaines » des mesures en vigueur, a ainsi souligné le président Emmanuel Macron mercredi 4 mai lors du Conseil des ministres.

«Pour les autres»

Des annonces qui ravissent Marine, une jeune femme enceinte de plusieurs mois, qui attend sur le quai la ligne 10. « Il fait chaud, on est en mai, on a hâte de pouvoir enfin respirer », lâche-t-il en soupirant. Respectant les règles, les Parisiens ne sont pas les plus grands défenseurs. Sur le même sujet : Marseille : le (mauvais ?) crime de croisière (et pas que les croisières). « On porte le masque uniquement parce qu’on risque une amende », confie un quadragénaire, vêtu d’un costume-cravate et un masque sous le menton. La RATP a ainsi recensé 48 500 « masques PV » depuis le premier déconfinement. « Port obligatoire d’un masque couvrant la bouche et le nez, sous peine d’une amende de 135 euros », la voix de la RATP fait depuis écho à ses usagers, dans un son diffusé le plus souvent possible sur tout le réseau

Dans la foule, un homme semble bouleversé par l’annonce du message. « Je pense que c’est ridicule, c’est un fléau, c’est illégal et complètement institutionnel. » Parfois politique, ne pas porter de masque est plus souvent un oubli. « Je suis rentrée de l’étranger et personne ne l’amène, s’excuse une jeune fille de 19 ans. Personnellement je n’ai pas peur du Covid, mais il faut continuer à respecter les règles pour les autres », poursuit-elle, visiblement gênée et vite cachée. son visage avec son T-shirt.

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Dans le reste de l’Europe, de nombreux États ont assoupli leurs règles sanitaires. C’est le cas dans de nombreux pays nordiques, mais aussi en Angleterre et en Irlande, où le port du masque n’est plus obligatoire. L’Italie, le Portugal et certains Länder allemands imposent les mêmes restrictions qu’en France. Des restrictions qui pourraient être levées dans les prochaines semaines.

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