Budget : les Français sont inégaux face à la mobilité

Vertigineux… et inquiétant ! Dans une récente enquête OpinionWay pour Sofinco et son baromètre dédié à la consommation des Français, ces derniers affirmaient dépenser en moyenne pas moins de 174 euros par mois en transports. Des niveaux plus élevés ont été atteints depuis mi 2010. « Cela s’explique principalement par le retour à la normale après que les déplacements aient été limités par la crise sanitaire et la hausse du prix du carburant », explique Jessie Marius, chef de projet en agence de sondage.

Derrière ce montant, la réalité est bien différente selon la situation géographique et le mode de transport privilégié : pour les automobilistes ou les deux-roues, la facture s’élève en moyenne à 216 euros. Il en affiche près de la moitié (105 €) pour ceux qui utilisent d’autres moyens de transport. Et si près d’un Francilien sur deux ne franchit pas la barre des 100 euros, ils ne sont qu’un sur trois à se conformer à ce budget en Province, et seulement 1 sur 5 parmi les habitants des communes rurales…

« Cette différence s’explique principalement par l’utilisation plus ostensible de la voiture en dehors des agglomérations, explique Eléonore Quarré, directrice d’études chez OpinionWay. Et cela est principalement dû au manque d’alternatives : les offres de transport sont sous-développées et les travailleurs vivant dans ces zones rurales ne peuvent souvent pas travailler à distance. Ainsi, selon OpinionWay, 64 % des ruraux utilisent exclusivement des voitures ou des véhicules motorisés à deux roues pour leurs déplacements quotidiens, alors que seulement 32 % le font dans les villes de plus de 100 000 habitants et 17 % dans les zones urbaines.

Cependant, la crise du Covid a favorisé le développement d’autres modes de mobilité plus durables. « Les habitudes acquises en 2020 semblent se maintenir : 45 % des Français marchent ou font du vélo de plus qu’avant la crise sanitaire », détaille Jessie Marius. Là encore, les comportements diffèrent selon le lieu de résidence : « Ces manières douces ne conviennent pas à tous les modes de vie. Pourtant 41% des Français s’estiment fortement dépendants de la voiture », souligne Eléonore Quarré.

Facilités de paiement et de location

L’enquête met également en évidence la forte polarisation des intentions d’achat pour les véhicules de mobilité plus verts. « Les citadins préfèrent les trottinettes et les vélos, notamment grâce aux subventions accordées depuis la crise sanitaire », a poursuivi le directeur de l’étude.

Par ailleurs, plus d’un Français sur deux (56%) souhaite acheter un véhicule électrique ou hybride mais estime ne pas pouvoir se le permettre. « Des facilités de paiement comme le recours au crédit ou aux emprunts, voire des acomptes permettront de compenser ce manque à gagner budgétaire selon 28 % des usagers de voiture, scooter ou moto, a précisé Jessie Marius. Pour réduire le coût à court terme de leur véhicule, 20% des Français sont actuellement en leasing, longue durée ou avec option d’achat, et 9% envisagent l’acquisition d’une voiture hybride ou électrique. . Cependant, si les versements en espèces diminuent, il reste le financement privilégié par la France, quel que soit le mode de transport envisagé.

Témoignages de Jeanne et Julie

Témoignages de Jeanne et Julie

Jeanne a récemment rejoint les fans parisiens de la petite reine : elle a investi dans un vélo en octobre dernier. « Je l’ai acheté 90 euros lors d’une bourse qui s’est tenue à Saint-Nazaire, d’où je suis originaire », raconte une salariée d’un groupe de cosmétiques. Voir l’article : Comment obtenir une ADS ?. Pour les habitants du 1er arrondissement, faire du vélo est bien plus pratique que d’emprunter les transports en commun pour se rendre au travail, à proximité des Grands Boulevards. « J’utilise aussi régulièrement le vélo pour d’autres déplacements, ou je préfère marcher », a-t-il ajouté. C’est mon moyen de transport principal : je ne le quitte que lorsque le temps n’est pas assez clément. »

La jeune femme de 27 ans a même refusé une voiture de fonction offerte par son entreprise. « Je ne comprends pas : en dehors de Paris je prends le train et, dans la capitale, le stationnement peut être compliqué et coûteux. Si Jeanne a investi dans son propre vélo après plusieurs mois de location via diverses applications, c’est aussi parce qu’elle a un endroit sûr pour le garer. : « Dans mon immeuble on a la chance d’avoir un espace assez grand et au bureau, je peux laisser mon vélo dans la cour intérieure. »

Julie choisit une voiture hybride

A 52 ans, Julie est traiteur dans les Vosges depuis dix ans. Pour les habitants de Châtel-sur-Moselle, les déplacements professionnels sont fréquents : « Nous allons directement chez les agriculteurs pour récupérer leurs produits, ce qui prend parfois jusqu’à une heure de route. Confronté à la hausse des prix du carburant, il remplacera l’un de ses véhicules à essence. « Je dépense environ 250 euros par mois rien que pour faire le plein. Si on ajoute l’entretien, les assurances, les taxes, ça fait quelques centaines d’euros de plus », regrette-t-il. Julie a donc choisi un SUV hybride. « J’ai détaillé mes besoins avec mon concessionnaire. Il m’a proposé un contrat de location de 4 ans comprenant également l’entretien, pour 480 euros HT par mois », précise-t-il.

Outre l’inflation, ce qui décide l’entrepreneur, c’est aussi la constitution prochaine d’une zone à faibles émissions (ZFE) dans l’agglomération nancéienne. « J’ai besoin de pouvoir aller en métropole pour mon travail. La location d’un véhicule hybride me permet d’avoir l’esprit tranquille sur les futures restrictions de circulation », explique Julie. D’ici 2025, toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants seront concernées par l’extension de la ZFE. « Ma fille est étudiante à Nancy et possède une voiture diesel de 12 ans », a-t-il déclaré. Il faudrait aussi penser à changer de véhicule. »

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« Davantage de recours à la location »

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Confirmez-vous que la France est plus exigeante en matière de mobilité propre ?

Oui, aujourd’hui un quart des financements que nous accompagnons concerne les véhicules verts, un nombre en forte croissance. Non seulement les consommateurs sont plus conscients de l’environnement, mais ils y sont de plus en plus contraints, en particulier avec le zonage à faibles émissions. Cependant, tout le monde n’a pas les moyens d’investir dans des voitures électriques ou hybrides, souvent plus chères que les véhicules thermiques.

Comment concilier environnement et pouvoir d’achat ?

De plus en plus de Français se tournent vers la location longue durée ou avec option d’achat et s’éloignent de l’achat à crédit. Cette offre a l’avantage d’être plus légère sur les budgets les plus simples : les loyers peuvent être bien inférieurs aux mensualités. De plus, le contrat de location peut couvrir de nombreuses prestations : entretien, assurance… Le chauffeur sait exactement quel est le budget.

Le paiement en plusieurs fois est-il une option ?

Pas vraiment, car les véhicules « verts » ont un prix élevé. Cependant, le marché de l’occasion est une possibilité, et il se développe. N’hésitez pas à pousser la porte du concessionnaire automobile pour vous renseigner sur l’aide : des professionnels sont régulièrement formés pour répondre aux questions sur le financement.

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Des aides pour rouler plus propre

Versée à l’achat d’une voiture électrique, la prime écologique est limitée à 5 000 euros à partir de juillet (6 000 euros jusqu’à fin juin) pour les véhicules neufs et 1 000 euros pour les véhicules d’occasion. La prime à la conversion, jusqu’à 5 000 euros, dépend notamment du véhicule acheté et cédé et des revenus de l’acquéreur. Une prime de 1 000 euros peut être attribuée aux personnes habitant ou travaillant dans une zone à faibles émissions (ZFE). Plusieurs autorités locales ont également proposé leur aide. Voir l’article : Quel est le salaire d’un chauffeur de taxi ?. La plus généreuse est la Métropole du Grand Paris, à hauteur de 6 000 euros. Les différents montants sont cumulables, il est donc possible d’obtenir une aide jusqu’à 17 000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique neuf dans ce périmètre.

Les 10 % les plus riches, avec 5 090 â. Ces derniers possèdent également la moitié (46,4%) de tous les actifs des ménages. Le taux de pauvreté (part des personnes vivant avec un revenu inférieur à 885 â par mois) est passé de 7,7 % en 2009 à 8,2 % en 2019, soit une augmentation de 500 000 personnes.

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Comment l’école accentue les inégalités ?

Selon le rapport du Cnesco sur les inégalités scolaires, réalisé en 2016, l’école hérite des inégalités familiales mais génère aussi, en son sein, des inégalités sociales de traits divers qui s’accumulent et se renforcent : inégalités de résultats, d’orientations, de diplômes, rendements sociaux des diplômes.

Quelle est la relation entre l’école et les inégalités sociales ? Les inégalités en matière d’éducation se forment selon deux logiques différentes. Tout d’abord, les enfants issus de milieux sociaux aisés ont de meilleurs résultats scolaires que leurs pairs moins fortunés. Deuxièmement, compte tenu des résultats de l’école, ils choisissent plus souvent des études plus longues.

Comment l’école reproduit les inégalités ?

La recherche montre que les formes d’évaluation perçues comme standard et objectives ont tendance à créer des écarts de performance liés à l’origine sociale. Ils montrent que lorsque l’on donne le même travail en supprimant la pression évaluative, les écarts entre élèves diminuent.

Pourquoi l’école Amplifie-t-elle les inégalités ?

Le système français est de plus en plus dichotomique : d’une part, un tiers des élèves réussissent très bien et se situent au-dessus de la moyenne. D’autre part, de plus en plus d’étudiants ont des difficultés. La difficulté de cette école est étroitement liée au milieu socio-économique des élèves.

Comment l’école amplifie les inégalités sociales et migratoires Cnesco ?

Le rapport du Cnesco montre que les inégalités sociales à l’école prennent de nombreuses formes : inégalités de traitement des ressources d’apprentissage dont les élèves disposent effectivement dans les écoles, inégalités de résultats scolaires, inégalités sociales d’orientation, de diplômes ou encore…

Comment ont évolué les inégalités en France depuis 1975 ?

Entre 1975 et 2016, en France métropolitaine, le niveau de vie moyen après redistribution a augmenté de 56 % en euros constants. Sa croissance a été quasi continue de 1975 au milieu des années 2000 et stagne depuis la crise de 2008.

Comment les inégalités de revenus ont-elles évolué en France entre 1900 et 2014 ? 4- Inégalité des revenus 1900-2014 En effet, alors que le taux de croissance du revenu national par adulte était négatif entre 1900 et 1945 (-0,1% par an), il est passé à 3,7% entre 1945 et 1980 puis divisé par près de quatre entre 1980 et 2014 (0,9 % par an).

Comment expliquer l’évolution des inégalités de niveau de vie en France ?

L’écart de niveau de vie se réduit depuis longtemps. Cependant, ils se sont améliorés au cours des quinze dernières années. Principalement parce que le niveau de vie des très riches s’est envolé, mais aussi parce que les plus pauvres ont baissé ces dernières années.

Comment ont évolué les inégalités en France ?

L’évolution des inégalités de niveau de vie entre 2008 et 2018. Le niveau de vie mensuel des 10% les plus riches a augmenté de 23 euros en 10 ans (3 261 euros en 2018) alors que le niveau de vie mensuel des plus pauvres a baissé de 29 euros (934 euros en 2018).

Quelles sont les principales contraintes auxquelles se heurtent les pouvoirs publics pour limiter les inégalités pauvres riches ?

Ils s’appuieront principalement sur quatre outils, la fiscalité, la production de services collectifs, la protection sociale et la redistribution des revenus qui en découlent et enfin, plus récemment, la lutte contre les discriminations.

Quels sont les principaux obstacles rencontrés par les pouvoirs publics pour limiter les inégalités ? La contrainte budgétaire se renforce et la dette publique s’alourdit, principalement à cause du déficit récurrent de l’administration publique et de la sécurité sociale. Crise de légitimité : les finalités de l’État-providence sont remises en cause. Le sens de la solidarité collective est réduit.

Quelles sont les limites de la justice sociale ?

Ainsi, la justice sociale a des limites dans son financement, sa légitimité et son efficacité. En conclusion, la justice sociale dispose de plusieurs moyens (fiscalité, protection sociale, discrimination positive et services collectifs) pour lutter contre les inégalités.

Comment les pouvoirs publics Luttent-ils contre les inégalités ?

Les pouvoirs publics ont la responsabilité d’endiguer les inégalités économiques et sociales, en premier lieu par la mise en place d’un système de redistribution. Ce système redistributif permet une réduction massive des inégalités économiques (document 1).

Comment faire face aux inégalités scolaires ?

Six façons de réduire les inégalités à l’école

  • 1-Combler le fossé scolaire dès le plus jeune âge. …
  • 2-Revoir la carte scolaire. …
  • 3-Renforcement des structures d’éducation prioritaire. …
  • 4-Développer la pédagogie. …
  • 5-Réduire les inégalités dans les devoirs. …
  • 6-Soutenir le recours au tutorat.

Comment expliquer les inégalités scolaires ? Les inégalités de réussite scolaire s’expliquent par des facteurs liés aux institutions scolaires. 2. Les professionnels de l’éducation participent à la reproduction des stéréotypes de genre et, par exemple, favorisent involontairement la réussite des garçons au détriment de la réussite des filles.

Comment lutter contre les inégalités scolaires ?

Pour inverser la tendance, le Gouvernement s’est fixé un objectif : réduire l’écart de réussite scolaire entre les élèves à moins de 10 %. Deux réformes sont menées simultanément : une refonte de la carte des priorités de l’éducation et une refonte de l’allocation des ressources pour l’ensemble des écoles et universités de France.

Comment l’école peut réduire les inégalités sociales ?

C’est l’une des principales fonctions d’une école républicaine laïque et gratuite, qui vise à scolariser tous les enfants sans distinction. En théorie, elle devrait donc permettre à chacun d’accéder à tous les diplômes possibles et, par conséquent, à toutes les positions sociales.