Coldplay continue sa tournée verte, mais sont-ils vraiment verts ?

MUSIQUE – Un week-end haut en couleur s’annonce au Stade de France. Coldplay est à Saint Denis pour quatre dates dans le cadre de la tournée Music of the Spheres, ce samedi 16 juillet, dimanche 17 juillet, mardi 19 juillet et mercredi 20 juillet. Lancé en mars dernier, le groupe le présente comme « plus durable » que le précédent, qui remontait à 2016-2017.

Pour présenter leurs initiatives écologiques, les Britanniques ont tout simplement créé un site internet nommé Sustainability (« Sustainable development ») où ils prennent le temps de développer leurs différents engagements. Panneaux solaires, plancher cinétique pour la fosse, écrans basse consommation ou encore bracelets LED 100% compostables pour le public… Coldplay présente de nombreuses propositions plus vertes. Mais ce voyage est-il tout à fait louable ou a-t-il un arrière-goût de greenwashing ?

Le HuffPost a posé la question à Samuel Valensi, directeur culturel du plan de transformation économique français pour le projet de transition. Cet organisme s’est donné pour objectif de décarboner nos activités, y compris dans le monde de la culture.

 Ralentissement du rythme de la tournée 

 Ralentissement du rythme de la tournée 

« Dans l’approche de Coldplay, il y a de bons éléments. Il est louable qu’un groupe aussi infâme initie ce travail, et on ne peut pas dire qu’il soit dépourvu de réflexion, estime Samuel Valensi. Voir l’article : Marie-Ange Debon (Keolis) : « 20 % du PIB, 30 % des émissions de CO2 : le secteur des transports doit accélérer. Mais ce dernier nuancera bientôt ses propos. Il insiste sur un point en particulier : le groupe ne traite pas certains problèmes clés, et commence par leur utilisation intensive de l’avion.

Coldplay promet de réduire ses émissions de CO2 de 50% par rapport à sa dernière tournée. Cela tient notamment à une décision importante : ralentir le rythme des concerts. 73 dates dans 17 pays sont prévues pour un voyage de huit mois. Il y a 49 dates de moins que la tournée précédente, qui était beaucoup plus intense et s’étalait sur 20 mois au total. Le groupe séjourne également plus longtemps dans chaque ville prévue sur son itinéraire : quatre dates à Mexico et Paris, cinq à Bruxelles, six à Londres et même dix à Buenos Aires.

« Bien que cette baisse ne soit pas spectaculaire, elle fait partie des solutions que nous préconisons, ils ont raison de le faire », approuve Samuel Valensi. Néanmoins, « leur utilisation de l’avion reste systématique, et leur besoin en pétrole n’a pas du tout été bouleversé », s’excuse-t-il.

Coldplay sur les routes, ce sont une trentaine de semi-remorques nécessaires pour tout transport de matériel. Et à chaque fois que le groupe change de continent, il utilise le fret aérien (transport de matériel par avion, ndlr). « Quand il s’agit de pollution, ce n’est pas pire que ça », dit-il.

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300.000 spectateurs se déplaceront pour voir Coldplay au stade de France 

En matière d’éco-conception, le groupe a prévu des panneaux solaires, comme cela a également été fait pour le concert de Sting à Chambord le 28 juin. Seule leur production représente à elle seule de nombreux spectacles. « S’ils ont acheté ces panneaux juste pour le voyage, ce n’est pas raisonnable. Lire aussi : L’agglomération lavalloise recherche des personnes pour un atelier sur l’image du transport urbain lavallois. En revanche, si le Stade de France utilise des panneaux qui sont partagés dans toute l’Île-de-France, c’est déjà beaucoup plus malin. Seule cette information n’est pas précisée. sur le site Web.

Pourtant, les spectacles spectaculaires de Coldplay ont un besoin énergétique très important. « La scénographie est très lourde en vidéo, lumière et son. C’est donc une question d’esthétique qui se pose. En le gardant tel quel, ils ne pourront pas réduire drastiquement leurs émissions, estime Samuel Valensi.

Autre point, et pas des moindres : les standards à tous les concerts de Coldplay sont très élevés. Au Stade de France, environ 300 000 personnes seront réunies pendant les quatre jours de concert. Leurs déplacements représentent une empreinte carbone non négligeable, surtout s’ils viennent de longues distances et en voiture.

Pour compenser ces décalages, le projet Shift préconise une réduction des compteurs de spectacle vivant, combinée à une multiplication des dates sur un même territoire. « Ce n’est pas la peine que je prenne la voiture, ni même l’avion, puisque le groupe va bientôt passer près de chez moi », se dira alors le public.

Même logique pour les festivals : « Au lieu de jouer pour un événement avec 300 000 personnes dans un endroit très mal desservi, c’est plus malin de tenir plusieurs dizaines de dates dans un même pays, et de rassembler quelques milliers de personnes », explique Samuel Valensi. Le Stade de France a au moins l’avantage d’être accessible en transports en commun.

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Repenser les tournées mondiales 

Les stars internationales commencent peu à peu à s’interroger sur l’impact environnemental de leur métier. Par exemple, en 2019, Billie Eilish a déclaré à l’antenne de l’émission de radio The Howard Stern Show : « Les avions font beaucoup de dégâts. Sur le même sujet : JARDIN RHODANIEN Le train arrive le 29 août, les navettes urbaines s’adaptent. Le problème, c’est qu’avec mon boulot, je ne peux pas les éviter ».

« Je pense que c’est faux », répond Samuel Valensi. Selon lui, « un artiste a toujours deux possibilités : soit reproduire des modes de production existants, soit les remettre en question et les réinventer », poursuit-il. Lorsqu’il s’agit d’exporter un spectacle à l’international, il évoque des solutions comme les voyages de très longue durée, ou le transfert d’un travail ou d’un savoir-faire à une équipe à l’étranger.

Selon lui, les artistes ont une double responsabilité. « Leur notoriété rend leur mode de vie particulièrement populaire. Mais en plus de cela, ils se construisent un imaginaire à travers leurs œuvres, explique-t-il. Les autres et sont conscients de l’environnement », poursuit-il. Mais pour qu’un tel message parvienne, les artistes doivent produire différemment et recevoir une formation sur les questions climatiques.

« La transition aura lieu, qu’ils le veuillent ou non, puisque toute la production pétrolière est en baisse. Le choc de rétrécissement viendra dans les prochaines années, c’est certain. La question est désormais : est-ce qu’on l’organise ou est-ce qu’on le subit ? ».

Samuel Valensi évoque aussi des engagements facilement concevables dans les délais qui nous sont impartis, qu’il utilise lui-même avec sa compagnie théâtrale La Poursuite du Bleu pour leur pièce Coupures présentée au Festival d’Avignon. « Notre transition vers un régime végétarien pour toute l’équipe s’est faite du jour au lendemain. L’éco-conception d’un décor peut s’installer en un an. Certaines modifications structurelles prennent plus de temps, mais la transition démarre assez rapidement », ajoute-t-il.

Pour éviter d’avoir à faire face à un choc violent, autant commencer dès maintenant à organiser une autre manière de produire et de diffuser. Ainsi, bien que l’approche de Coldplay soit imparfaite, elle a au moins l’avantage de soulever des questions importantes.

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