Bombes climatiques : le contournement autoroutier de Rouen, un projet aux antipodes de l’urgence climatique

Alors que le trafic routier est l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre, la construction de nouvelles infrastructures sur le territoire pose question. A Rouen, le contournement est de la métropole via deux autoroutes à péage est fortement opposé, en raison de son très fort impact sur le climat et l’environnement. Tout au long de la semaine, Novethic vous propose un tour de France des plus grandes mesures climatiques, basé sur l’étude « Projet local, impact global » publiée en mai dernier par la société BL Évolution et l’association Terres de Lutte*.

C’est un serpent de mer, âgé de plus de cinquante ans. Le projet de Contournement Est de Rouen sur l’autoroute à péage de 41,5 km reliant l’A28 à l’A13 et l’A154, et scindé en deux bras appelés A133 et A134, n’avance pas. D’une part, il est assuré que la qualité de vie des habitants sera améliorée, alors que Rouen est la seule métropole française de cette taille sans rocade. Les opposants, en revanche, condamnent le projet comme étant d’intérêt économique plutôt que général. &#xD ;

« Ce projet décongestionnera la métropole de Rouen et améliorera la qualité de vie de ses habitants, qui passeront moins de temps dans les embouteillages », avait déclaré Jean Castek à Paris-Normandie en fin d’année dernière. L’ancien premier ministre a ensuite donné son feu vert au projet, dont les travaux devraient débuter entre 2027 et 2028, pour une mise en service en 2030-2031. Les subventions publiques doivent couvrir plus de la moitié des coûts, estimés à environ 1 milliard d’euros, dont 200 millions d’euros de la Seine-Maritime. &#xD ;

« Nous proposons un report modal des trajets courts »

« Les habitants du territoire ne seront pas concernés par ce contournement à péage. Il profitera davantage aux trafics de transit, ceux qui ne font que traverser la métropole. A la place, nous proposons un report modal des marchandises vers le fret et le fleuve. A voir aussi : Descente à pied à Lyon, bonne ou mauvaise nouvelle ?. De plus, à Rouen, 500 000 trajets quotidiens en voiture font moins de 5 kilomètres. Là encore, nous proposons un report modal vers le vélo ou les transports en commun. Ce sont des mesures qui donneront vraiment le goût de la métropole », clame Guillaume Grima du « Pas en A133-134 ». collectif.

Aujourd’hui, il n’y a pas que les étapes #LookUp

NON au projet de « pseudo-contournement » Est de Rouen

Citoyens, collectifs & des associations s’opposent au projet d’autoroute A133-A134, au projet de climatisation, un projet d’un autre temps… pic.twitter.com/H0N9eBCZSZ

— Extinction Rebellion Rouen (@XR_Rouen) 12 mars 2022

Si toutes les voies de recours civiles sont désormais dégagées, en vain, le collectif « Non A133-134 » ne compte pas baisser les bras. « Nous préparons une procédure pénale pour atteinte à la santé due à la pollution que cette nouvelle infrastructure autoroutière va engendrer. Nous pouvons attaquer aussi bien les collectivités que l’Etat pour irresponsabilité climatique. Nous allons aussi scruter les contrats passés avec le futur concessionnaire », explique Guillaume Grima. . &#xD ;

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Le secteur des transports est le seul qui connaît une hausse des émissions

Selon l’étude « Projet local, impact global » publiée en mai dernier par le cabinet BL Evolution et l’association Terres de Lutte*, qui étudie 65 projets, ce projet d’autoroute serait l’un des plus influents actuellement mis en œuvre en France, en termes de émissions de gaz à effet de serre avec un million de tonnes de CO2 émises sur 30 ans et 500 hectares artificiels. Le transport routier représente 93 % des émissions des transports et les émissions du secteur ont augmenté de 9 % entre 1990 et 2019. C’est le seul secteur où les émissions ont augmenté sur cette période. Les réseaux routiers ont représenté 16 % des nouvelles surfaces artificielles entre 2006 et 2014, soit 78 000 hectares. &#xD ;

« Les projets autoroutiers ont un impact important en termes d’artificialisation des sols et d’émissions de gaz à effet de serre. Lire aussi : Lyon/Caluire. Ascension de la Boucle : Metropolis et la mairie de Caluire se battent…. Les projets tablent sur une augmentation du nombre de véhicules, ce qui est conforme à la vision présentée dans la SNBC, mais la question se pose quant au chemin nécessaire de Même pour les projets dont l’objectif est le détournement du trafic, la réduction des émissions de gaz à effet de serre prévues ne compense pas les émissions causées par la construction d’infrastructures », notent les auteurs.

*Retrouvez ici l’étude complète « Projet local, impact global » publiée en mai 2022 par BL Evolution et l’association Terres de Lutte.

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