Covid, manifestations, attentat à Pontanézen… : quel impact pour le réseau Brest Bibus ?

Quand RATP Dev reprend la gestion du réseau Bibus à Keolis en juillet 2019, ça sent la comète pour le mouvement des gilets jaunes dont les cortèges se réduisent à un jet. Après la paralysie des tramways de samedi, un feu vert s’est allumé pour le nouveau délégué du réseau de transports en commun de Brest Métropole.

Le nouvel opérateur ne sait pas encore qu’une autre crise l’attend, la crise sanitaire. La pandémie, véritable tuile pour tous les transports en commun, s’est emparée de la belle machine du tramway de Brest. Qui n’a cessé de croître depuis son lancement en juin 2012 pour atteindre 9,4 millions de passagers en 2019.

78 % du trafic de 2019

« En mars 2020, lorsque le couvre-feu a commencé, nous l’avons réduit à 4 % du trafic normal. Ensuite on fait du yo-yo en ce qui concerne la levée des restrictions et les nouveaux tours de vis sanitaires. A chaque fois le réseau, l’offre, les conditions de circulation et l’accueil dans le tram ont dû être ajustés. Néanmoins, nous avons finalement atteint 64 % du trafic normal en 2020, puis remonté à 73 % en 2021 », explique Paul Gardey de Soos, directeur général de Bibus. En 2022, quand le chèque santé s’est enfin assoupli, le compteur à fin avril affiche 2,57 millions de passagers. Il s’agit de 78 % du trafic observé au cours des quatre premiers mois de l’année de référence 2019.

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Les samedis plombés par les manifs

L’enchaînement des mouvements sociaux n’a pas aidé. Comme les défilés des gilets jaunes ont été suivis de manifestations contre la réforme des retraites (janvier 2020) ou le soi-disant Global Security Act (novembre 2020 à février 2021), puis une cérémonie anti-pass sanitaire qui s’est étirée jusqu’au printemps dernier. Ceci pourrez vous intéresser : Bordeaux Métropole : Keolis favori pour les transports publics jusqu’en 2030.

Selon le décompte des concessionnaires Jaurès-Siam, tous cumulés, la ligne de tramway est perturbée en moyenne un samedi sur deux depuis trois ans. Un bilan confirmé par Paul Gardey de Soos. « Dans notre pays, les perturbations se calculent en kilomètres perdus. Rien qu’en 2021, avec le blocage de la ligne sur l’axe Jaurès-Siam entre Strasbourg et Recouvrance, 6.500 km manquent à l’appel en raison des manifestations de samedi. Nous avons perdu environ 125 km un samedi type. »

Cependant, il faut le mettre en perspective. « Les kilomètres perdus à cause des manifestations ne représentent que 0,64% des kilomètres parcourus par le tramway en un an. » Mais en plus de l’activité commerciale, l’image du réseau en pâtit. Fatigués des événements qui se répètent, les utilisateurs finissent par choisir d’autres solutions. « Mais perdre des utilisateurs est facile. Les obtenir est beaucoup plus compliqué », résume le responsable des opérations.

Bien qu’il ait cessé de porter le masque début mai, Bibus ne s’attend pas à un retour à la normale avant 2024. Les prévisions sont calquées sur les projections de l’Union Public Transport (UTP). « Nous savons que la pente va continuer à monter encore longtemps et que nous n’atteindrons pas les objectifs de chiffre d’affaires prévus pour 2022 et 2023 », confirme Paul Gardey de Soos.

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Un frémissement avec la hausse du tarif à la pompe

Dans une ville où le secteur tertiaire a beaucoup de poids, le télétravail se développe plus facilement et les salariés se déplacent moins qu’avant. Sur le même sujet : Pourquoi Bordeaux Métropole choisit-elle de garder Kéolis en charge des transports publics en 2023 ?. La crise sanitaire a également incité de nombreuses personnes à réfléchir à leurs habitudes et des modes de déplacement doux se sont développés.

Si beaucoup de personnes âgées, à jamais marquées par la crise sanitaire, ne prennent plus le train, une hausse successive des prix à la pompe peut aider à convaincre de nouveaux adeptes. En avril 2022, un tremblement de terre a été observé avec un bond de 3 à 4 % de participation. Une tendance qui demande encore confirmation.

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Le samedi 22 janvier 2022, vers 23 heures, un tramway traversait le quartier de Pontanézen lorsqu’il tomba dans un véritable guet-apens. Un incendie s’est déclaré près de la voie ferrée. Le tram s’arrête entre les stations « Europe » et « Pontanézen ». Au moment d’évacuer une trentaine d’usagers, les pompiers et policiers dépêchés sur les lieux sont tombés sur un feu d’artifice. Ensuite, la voiture de service Bibus elle-même est ciblée et brûlée.

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Un effet positif

Le lendemain de cet incident très grave, tout le réseau a été coupé. La circulation reprend ensuite à partir de lundi, mais avec un détour autour du quartier et l’installation de bus de remplacement. Les services dans le quartier ne reprendront réellement qu’une semaine plus tard, le lundi 31 janvier 2022, et le service se terminera à 20 heures avant de revenir effectivement à la normale le mercredi 2 février. Bibus a estimé le nombre total de kilomètres perdus cette semaine à près de 10 000 (exactement 9 462).

Cet incident grave aura au moins un effet positif : l’amélioration des procédures d’alerte mutuelle entre Bibus et la police nationale. De plus, la direction interne de Bibus et les partenaires sociaux ont approuvé un protocole enregistrant les niveaux de réponse aux incidents. Avec un objectif : « assurer la sécurité du personnel et des passagers ».